Avant tout,
rappelons la définition de l’ascendant pour bien comprendre ce cas.
L’AS (abréviation de Ascendant), est le point de rencontre entre : une ligne partant du lieu de naissance, se projetant
à l’horizon Est et coupant le plan de l’écliptique au degré zodiacal du lever du Soleil.
Dans la cas où la ligne d’horizon de naissance, projetée vers l’Est, est parallèle au plan de l’écliptique, elle ne coupe
jamais ce plan, d’où l’impossibilité de faire la domification du thème (c’est-à-dire : déterminer l‘AS et les 11 autres maisons qui en
découlent).
Regardez la carte ci-dessous ; vous y noterez : en rouge a bande zodiacale inclinée de 23°47 par rapport à
l’équateur terrestre, en vert la ligne parallèle à la bande zodiacale, et en hachuré les lieux de naissance sans domification.
Le seul cas connu
sur toute notre vieille terre d’une petite ville entièrement placée dans ces conditions-là, est le cas de Fort -Yukon en Alaska dont aucune
étude sérieuse n’a jamais été réalisée afin de déterminer ce que représentait, pour un individu, le fait de n’avoir pas d’ascendant, donc pas de Maisons !
Il nous faudra
donc attendre de disposer d’éléments statistiques avant de pouvoir émettre un avis pertinent sur le sujet.
En revanche, le cas de Thulé est exceptionnel, lui aussi, mais dans un tout autre genre.
Pour comprendre le cas des habitants de Thulé, il est nécessaire de faire le rappel suivant.
Si vous regardez une quelconque carte du ciel natale, vous noterez que l’AS est toujours placé en avant du MC (milieu du ciel).
Ceci est logique puisque les 4 angles du thème représentent
respectivement :
- l’AS : le point de lever du
soleil
- le MC : le point le plus haut du parcours
journalier du Soleil
- le DS (descendant) : le point de coucher du
soleil
- le FC (fond du ciel) : le point le plus bas
du parcours quotidien du Soleil.
Si nous devons attribuer une heure précise de la journée aux 4 angles du thème et sachant que chaque quarte de 3 Maisons
représente 6 heures de temps (2 heures par Maison), nous pourrions dire que :
- L’AS représente 6 heures du
matin
- Le MC représente midi (12
heures)
- Le DS représente 18
heures
- Le FC représente minuit (24
heures)
Il est donc bien logique que l’AS (6 heures), soit placé avant le MC (12 heures)… pour utiliser une image, je dirais que le « petit-déj »
devance toujours le repas de midi !
Jetez un coup d’œil attentif à la schématisation d’une carte du ciel type, comme
ci-dessous.
Dans le cas de Thulé, l’AS et le DS sont inversés !!!
Un peu comme si
je disais que 6 heures est à la place de 18 heures…
Précisons tout
ceci avec, comme base de réflexion, l’exemple concret du ciel natal d’un parisien né le 1er Juin 1976 à minuit.
Tout d’abord,
nous trouvons que – pour une latitude de 49° Nord (c’est-à-dire Paris) – le MC du thème (c’est-à-dire le méridien terrestre ou longitude du MC), passe par le 264ème degré du zodiaque,
c’est-à-dire qu’il se trouve situé à 26° du Sagittaire.
L’AS de cette
même naissance passera par le méridien situé sur le 319ème degré de longitude, c’est-à-dire sur le 319ème degré du zodiaque, soit encore sur 19° du
verseau.
Les 2 angles de ce thème parisien, seront donc
ceci :
Faisons
maintenant le même contrôle pour Thulé.
Tout d’abord,
nous constatons que pour la latitude de cette ville, à savoir 75°30’ Nord, ce n’est plus le méridien « 264° » qui se trouve au MC, mais celui qui se trouve à 251° de longitude, à savoir
11° du Sagittaire.
Pourquoi une
telle différence ?
Tout simplement
parce que :
- d’une part, la Terre n’est pas
un rond parfait mais s’aplatie prés des 2 pôles et,
- d’autre part, parce que la
distance qui sépare 2 méridiens n’est pas la même que l’on soit placé à l’équateur ou au pôle nord… En effet, plus nous nous rapprochons des pôles, plus elle diminue.
Or, ce rétrécissement commence à devenir sensible au-delà des 66° de latitude Nord, ou Sud.
C’est pour cette
raison que les Tables des Maisons sont établies pour les latitudes s’étendant de 0° (l’équateur), à 66° Nord (ou Sud, puisqu’il suffit d’inverser les calculs). La raison de cette
limitation au 66ème parallèle vient du fait que l’inclinaison de la Terre (23°47’) oblige à des calculs particuliers, et ceci à chaque fois.
Fort -Yukon et
Thulé sont les seuls cas dans cette catégorie extrême.
Mais continuons
l’analyse du cas Thulé car, après tout, avoir un MC décalé de 10° de longitude par rapport à Paris n’est pas particulièrement original.
L’originalité réside dans le positionnement de l’AS.
En effet, dans
ces hautes latitudes proches des 2 pôles, il existe des surfaces importantes de terres (en règles générales non habitées), où le Soleil ne se lève et ne se couche
jamais.
Thulé est dans une position
« limite » qui fait que, ne pouvant couper l’écliptique vers l’Est, le seul « horizon » visible devient l’Ouest… d’où l’inversement des AS et DS (ligne rose dans le dessin
ci-dessous).
Analysez le
dessin ci-dessus, qui indique les positions normales (lignes bleues), pour rechercher l’AS à l’Est, et le cas de Thulé (lignes roses), qui s’inverse vers
l’Ouest.
Voici
ci-dessous, la position de l’AS de Thulé pour le même jour et la même heure de naissance que notre parisien, exemple de base.
La Maison I est
à la place de la VII et est positionnée avant le MC.
ANALYSE ASTROGIQUE DU CAS
Je rappelle
brièvement la signification de l’AS (la Maison I) et du DS (la Maison VII) :
- l’AS : indique la personnalité intérieure d’un
être humain, « moteur » des actions visibles qui seront réalisées par le signe solaire. Il s’agit de l’intime d’un être, de son authenticité, de la base de sa personnalité totale. Il
est la premère Maison du « MOI » c’est-à-dire de l’EGO INVISIBLE.
- Le DS : indique la façon dont un être va se mettre
en relation avec tous les autrui qui l’entourent : conjoint, partenaires affectifs, sociaux ou professionnels, associés en affaires ou autres… bref, c’est le mot « AUTRUI » qui
domine. Dans la Maison VII, le natif fait l’effort d’oublier son MOI pour communiquer avec ou se mettre au diapason de son entourage.
Dans le cas du
peuple de Thulé, le MOI est placé dans le secteur AUTRUI, puisque la Maison I est placée en VII et qu’inversement la Maison VII étant situé en I, l’AUTRUI est dans le
MOI.
Il existe donc
dans la psychologie de ce peuple, une interpénétration entre les significations analogiques des Maisons I et VII… aucune des deux Maisons n’étant libre de ses mouvements puisque l’autre est
sous-jacente et, en quelques sortes, lui « déteint dessus » en continu !
C’est ce
« mixage » des deux Maisons que l’on trouve dans chaque individu de Thulé et qui s’exprime clairement dans leurs conceptions et dans leurs pratiques de la vie en
communauté.
Ces êtres ont-ils
tort ou raison d’agir comme il le font, là n’est pas le sujet de cet article… l’astrologue n’a pas à juger !
Mais il m’a semblé intéressant de soumettre ce
cas – unique au monde – car il prouve que l’Astrologie approchée et observée sereinement et objectivement, nous réserve de multiples surprises, même si l’analyse peut sembler un peu déroutante…
mais toujours avec une pertinence étonnante et, parfois, impressionnante.
Ceci pour
rappeler que nous devons toujours rester proches de la réalité astronomique (sans oublier la Terre qui pour nous, astrologues, est le centre de l’Univers), puisque « interpréter » un
thème natal, c’est prioritairement analyser la réalité de la voûte céleste… telle qu’elle est à nos yeux !
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DONNEES HISTORIQUE SUR LE PEUPLE DE THULÉ
Thulé
est une petite ville située dans le Nord de l’Alaska où habite, depuis plusieurs centaines d’années, une peuplade d’Esquimaux (nous n’avons aucune datation absolument certaine sur
l’origine de la ville).
Très
éloigné du monde industrialisé et dit civilisé, ce peuple à vécu totalement isolé et protégé de nos civilisations et ceci jusqu’au milieu du 19ème siècle, moment où certains
ethnologues se sont intéressés à son cas afin d’en étudier les us et coutumes ainsi que le mode de vie de la population.
Jean
Malaury a, d’ailleurs, écrit un livre fort intéressant (« les derniers rois de Thulé »), dans lequel il relève que cette mini-société a dû sa survie presque
exclusivement à sa capacité de « cohésion ».
Jean
Malaury explique que le peuple de Thulé se présente comme « un grand corps » dirigé par un seul être (le Roi), qui en est le cerveau, la personnalité individuelle étant
sacrifiée aux besoins de la communauté.
Par
exemple, l’infanticide des filles, des bébés malformés ou handicapés à la naissance et des enfants orphelins que personne ne peut ou ne veut recueillir, est normalement pratiqué, non par
cruauté fondamentale mais parce que la survie du groupe passe par le sacrifice des bouches à nourrir, inutiles à la communauté. Dans une contrée où la température avoisine les -50°C en
hiver, se nourrir est un problème constant.
En résumé, le MOI (analogiquement représenté par l’AS), existe bien mais
est totalement dépendant de la communauté…
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